La venue de Di Stéfano au Barça a buté sur des droits concurrents et un refus d’inscription, malgré un accord avec River Plate.
Le Barça avait obtenu l’accord d’Alfredo Di Stéfano et payé son transfert à River Plate. Pourtant, l’attaquant a finalement rejoint le Real Madrid. Entre les deux, le dossier s’est enlisé dans un conflit contractuel. Avec aussi des interventions politiques décrites par Sport.
On est donc loin d’une simple négociation perdue face au rival madrilène. Deux clubs revendiquaient des droits sur le même joueur. La Fédération espagnole a ensuite imposé une solution que le Barça a refusée.
Un transfert payé, mais une inscription bloquée
Le club catalan avait trouvé un accord avec le joueur et River Plate. L’argent avait même été versé au club argentin. Mais cela ne suffisait pas pour inscrire Di Stéfano.
Millonarios de Bogotá affirmait détenir ses droits jusqu’en décembre 1954. Ceux de River Plate ne devaient prendre effet qu’à partir de 1955. Le Barça n’a pas conclu d’accord avec Millonarios, contrairement au Real Madrid.
Le souci, c’est que ce partage des droits était lui-même contesté. Selon Sport, la FIFA n’avait jamais reconnu Millonarios de Bogotá comme copropriétaire légal des droits du joueur. La Fédération espagnole a pourtant invoqué ces contrats concurrents pour refuser son inscription au FC Barcelone.
L’intention affichée par l’attaquant à son arrivée était claire. « Je suis venu pour jouer au FC Barcelone », avait déclaré Alfredo Di Stéfano.
Une alternance avec Madrid, sur fond de pressions politiques
La solution proposée par la Fédération espagnole avait de quoi surprendre. Di Stéfano devait jouer alternativement au Real Madrid et au Barça. Le club madrilène devait en bénéficier en premier. Le Barça a refusé cet arrangement.
Le dossier avait aussi un volet politique, impossible à séparer du reste. Dans une lettre à Raimundo Fernández-Cuesta, le général Moscardó demandait de faire approuver une interdiction de recruter des joueurs étrangers. Son objectif déclaré était d’« éviter des attitudes et des situations gênantes ».
Selon Sport, le président barcelonais Martí Carreto a subi des pressions des autorités franquistes concernant ses affaires, avant de démissionner. On dépasse ici largement le désaccord entre clubs sur les droits d’un joueur.
4,5 millions de pesetas pour régler le dossier
La commission de gestion du FC Barcelone a ensuite conclu un accord avec le Real Madrid. D’après Sport, il prévoyait un versement échelonné de 4,5 millions de pesetas. Cette somme correspondait au montant déjà payé par le Barça à River Plate.
Alfredo Di Stéfano a finalement rejoint le club madrilène. Pour le Barça, l’accord avec le joueur et River Plate n’aura donc pas suffi. Ni l’accord ni le paiement n’ont débouché sur une inscription sous les couleurs blaugrana.
Interrogé par la revue Vida Deportiva, l’attaquant avait pourtant revendiqué sa liberté de décision : « Dites que je suis un joueur qui choisit le club dans lequel il doit jouer, et non un joueur qui se laisse choisir par les clubs. »





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