Espagne-Argentine en finale de la Coupe du monde offre aussi un duel de visions entre Xavi et Javier Mascherano, entre maîtrise espagnole et atout Lionel Messi.
Espagne-Argentine en finale, deux lectures opposées
Leur préférence n’a rien d’étonnant : Xavi soutient l’Espagne et Javier Mascherano l’Argentine, chacun défendant la sélection dont il a porté le maillot. Les deux légendes du FC Barcelone, également anciens coéquipiers de Lionel Messi, ont confronté leurs arguments sur la chaîne YouTube CB1MILLI.
Mascherano met en avant l’appétit de l’Argentine, sa vitesse et sa qualité. Il cite notamment la demi-finale remportée 2-1 contre l’Angleterre après un retour au score. « Lors du dernier match, on a vu ce qu’ils étaient capables de faire. Ils ont les armes pour disputer une très bonne finale et soulever le trophée », estime l’ancien milieu défensif.
Xavi ne conteste pas cette analyse, mais refuse d’en tirer la même conclusion. « Je suis entièrement d’accord, car l’Argentine est une équipe de premier plan. Elle sait gagner », reconnaît-il. Son choix repose néanmoins sur la capacité de l’Espagne à imposer son propre scénario.
Xavi mise sur la possession espagnole
Pour étayer son pronostic, Xavi insiste sur les ressources de la sélection espagnole. « Nous avons déjà gagné l’Euro, beaucoup de joueurs capables de faire la différence, de bons défenseurs, de bons gardiens et, à mon avis, les meilleurs milieux du monde pour contrôler le match », explique-t-il. À ses yeux, l’Espagne dictera le tempo grâce à la possession.
Cette lecture correspond à sa vision du jeu. Au Barça comme en sélection espagnole, Xavi a bâti sa carrière autour du contrôle du ballon et du rythme des rencontres. Face à l’Argentine, il considère cette maîtrise comme l’arme principale : « L’Argentine souffre sans le ballon, et nous pouvons avoir toute la possession. »
Dans ce schéma, Xavi désigne Lamine Yamal comme le joueur susceptible de faire la différence devant. Le jeune Barcelonais avait fait ses débuts avec l’équipe première sous ses ordres. L’ancien entraîneur blaugrana mise donc sur un talent qu’il connaît bien pour concrétiser la domination espagnole.
Lionel Messi, la réponse de Mascherano
Mascherano répond à la démonstration de Xavi par un argument beaucoup plus direct : Lionel Messi. « Mais nous avons Messi, et eux non », rétorque l’Argentin. Xavi ne cherche pas à éluder ce constat : « C’est vrai. »
Pour lui, la seule parade consiste à éloigner autant que possible le ballon de la star argentine. Xavi reconnaît lui-même que cette mission sera « difficile ». Toute sa lecture de la finale repose sur cet équilibre : s’appuyer sur le milieu espagnol pour contrôler le jeu, priver l’Argentine de possession et limiter les occasions laissées à Messi.
Deux chemins vers le trophée se dégagent ainsi de cet échange. Xavi fait confiance au tempo espagnol, à ses milieux et à Lamine Yamal. Mascherano lui oppose l’appétit affiché par l’Argentine, sa capacité à renverser une rencontre et un atout que l’Espagne ne possède pas : Messi.
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