Hansi Flick au Barça a rebattu les cartes de son effectif avec sept principes, et le résultat est là : huit victoires en huit matches de Liga et de Ligue des Champions.
Moins d’intouchables, plus de concurrence
Pour sa troisième saison, Hansi Flick travaille avec un groupe bâti aux côtés du directeur sportif Deco. Cet effectif lui offre aussi davantage de profondeur. Le premier changement touche à la hiérarchie. Désormais, très peu de joueurs peuvent se croire titulaires d’office.

Seuls Raphinha et Lamine Yamal ont participé aux huit premières rencontres. Joan García a été freiné par une blessure. Pedri, lui, n’a pas débuté le match d’ouverture contre Elche. Pau Cubarsí a également manqué plusieurs rendez-vous, dont la récente rencontre face au Racing Santander.
On comprend vite la logique : presque personne n’est installé par principe. Flick change généralement entre trois et cinq joueurs dans son onze. Il en a changé trois contre l’Athletic Club et le Rayo Vallecano. Il y en a eu quatre face à Valencia, au Racing Santander et à Sevilla. Puis cinq contre Feyenoord et Levante en Ligue des Champions. Résultat : la concurrence reste vive et les efforts sont répartis.
Cette logique repose aussi sur la polyvalence. Eric García alterne entre le poste de latéral droit et l’axe. Xavi Espart peut passer du côté droit au flanc gauche. Gerard Martín a même été utilisé dans l’axe de la défense.
On retrouve la même flexibilité devant avec Raphinha. Son repositionnement dans un rôle offensif central répondait d’abord à l’absence d’un avant-centre traditionnel. Le Brésilien y apporte désormais ses buts, son pressing et son travail défensif.

Le nom et l’expérience ne garantissent pas davantage de temps de jeu. Dominik Livaković et Wojciech Szczęsny se partagent les occasions dans le but, malgré l’expérience du second. Gavi a parfois reculé dans la hiérarchie du milieu. À ce poste, chaque place reste disputée.
Même Jules Koundé n’échappe pas à la règle. Le défenseur est resté hors du onze de départ pendant trois matches consécutifs. Flick assume ces décisions fortes quand la forme, la charge de travail ou ses plans tactiques l’exigent.
Olmo et Fermín, une alternance bien réglée
L’alternance entre Dani Olmo et Fermín López est le mécanisme le plus régulier. Après le match d’ouverture, Flick a systématiquement changé de titulaire au poste de milieu offensif.
Fermín López a débuté contre l’Athletic Club, puis Dani Olmo face au Rayo Vallecano. Fermín a ensuite joué contre Valencia, avant Olmo face à Feyenoord. La rotation a continué avec Fermín contre Levante, Olmo au Racing Santander et Fermín contre Sevilla. Impossible pour l’un ou l’autre de s’installer sans maintenir son niveau.

Cette alternance s’étend au côté gauche. Fermín López est régulièrement associé à Anthony Gordon. Dani Olmo évolue, lui, avec Karim Adeyemi. Sur les cinq dernières rencontres, le premier duo a été aligné contre Valencia, Levante et Sevilla. Le second a joué face à Feyenoord et au Racing Santander.
Avec ces associations, on garde plusieurs profils sans toucher à l’identité offensive du Barça. Les joueurs autour du milieu offensif s’adaptent aux qualités du titulaire choisi par Flick.
Le mérite tranche, le physique fait la différence
Les bonnes performances peuvent directement bousculer l’ordre établi. Xavi Espart a d’abord devancé João Cancelo, malgré son jeune âge et son statut de latéral droit utilisé à gauche. Flick a continué à lui faire confiance plutôt que de rendre immédiatement sa place au Portugais.
João Cancelo a ensuite repris l’avantage grâce à son doublé contre le Racing Santander. Cette prestation lui a permis de conserver du temps de jeu face à Sevilla. Autrement dit : l’âge et l’expérience ne suffisent pas. Les occasions se gagnent sur le terrain.

Le septième changement se joue loin du ballon. La préparation physique occupe une place plus importante que la saison dernière. Benjamin Kugel travaille sur cet aspect en coulisses.
L’objectif est de permettre au groupe de supporter le style exigeant de Flick. Son football demande un pressing intense et des courses répétées à haute vitesse. Il faut aussi réagir immédiatement après chaque perte de balle. Les joueurs doivent couvrir de grands espaces sans perdre en intensité pendant les périodes chargées.
Raphinha a déjà reconnu les effets de ce travail sur son niveau et celui de l’équipe. Ce socle physique permet à Flick de faire tourner sans renoncer à ses principes.
On n’est donc pas face à une révolution tactique unique. Le vrai changement vient surtout de la gestion quotidienne du groupe. Moins d’intouchables, davantage de polyvalence et une concurrence permanente ont installé une règle simple : les joueurs les plus performants restent sur le terrain.
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