Champion du monde avec l’Espagne à 19 ans, Pau Cubarsí a de solides arguments pour le Ballon d’Or 2026.
Le défenseur du Barça fait partie des 30 nommés. Mais pour lui, le débat dépasse les buts et les passes décisives. On sait ce qu’il apporte : il évite des occasions et aide son équipe à jouer.
Quand les buts éclipsent les défenseurs
Un attaquant marque, et l’image reste. Une défense bien tenue se remarque moins. Souvent, le danger disparaît avant même de devenir une occasion. C’est tout le paradoxe du poste de Cubarsí.

Même les souvenirs marquants des défenseurs passent parfois par un but. La frappe de Vincent Kompany contre Leicester, la tête de Carles Puyol face à l’Allemagne, le but de Ronald Koeman à Wembley. Une intervention défensive réussie reste plus difficile à graver dans les mémoires.
Le palmarès du Ballon d’Or raconte la même histoire. Franz Beckenbauer a gagné en 1972 et 1976, Matthias Sammer en 1996, Fabio Cannavaro en 2006. Depuis, aucun défenseur n’a remporté le trophée. Virgil van Dijk a fini deuxième derrière Lionel Messi en 2019. Le parcours de Cubarsí rappelle pourtant qu’une influence ne se résume pas aux statistiques offensives.
Du Barça au sacre mondial espagnol
La progression de Cubarsí a été si rapide qu’elle semble presque normale aujourd’hui. Elle a aussi coïncidé avec l’arrivée de Lamine Yamal au premier plan.

Cubarsí a débuté en compétition avec le Barça en janvier 2024. Il avait 16 ans. Avant la fin de cette même année, il était déjà le premier choix en défense centrale. Le passage à vide que l’on pouvait redouter n’est pas venu.
En décembre 2025, il avait déjà atteint 100 matches officiels avec le club. Sa deuxième saison complète s’est terminée avec 48 apparitions, dont 45 comme titulaire. Mais son argument majeur vient aussi de l’Espagne.
Les précédents comptent. Le Ballon d’Or de Cannavaro en 2006 est lié au Mondial remporté par l’Italie. Celui de Sammer en 1996 a suivi le titre européen de l’Allemagne.

Cubarsí a lui aussi remporté la Coupe du monde 2026, avec l’Espagne. Il en a disputé chaque minute. La Roja n’a encaissé qu’un but sur tout le tournoi. Il a également été désigné meilleur jeune joueur de la compétition. On peut difficilement écarter ce parcours de la discussion.
En finale contre l’Argentine, personne n’a touché plus de ballons ni réussi plus de passes que lui. L’Espagne a gagné 1-0 sans concéder de tir cadré. Dans les dernières minutes, Cubarsí a lu un centre et écarté le danger sans pousser le ballon dans son propre but. L’action se raconte moins facilement qu’un but. Elle compte pourtant dans une finale aussi serrée.
Golden Boy en tête, une forte concurrence
Cubarsí mène le classement Golden Boy Top 100 européen. Lamine Yamal avait occupé cette première place pendant 117 semaines. Mais réduire Cubarsí à son âge passerait à côté de son bilan. Sa qualité de passe avait frappé dès ses débuts. Depuis, ses choix se sont affinés et ses responsabilités ont grandi.

La concurrence reste forte pour le Ballon d’Or. Harry Kane a inscrit 73 buts en club et en sélection. Kylian Mbappé sort d’une autre saison individuelle remarquable. Lamine Yamal a partagé les mêmes succès avec le Barça et l’Espagne. Cubarsí n’a pas leurs statistiques offensives. Ce n’est pas son rôle.
Deux titres de champion d’Espagne. Une Coupe du monde jouée de bout en bout. Un seul but encaissé par l’Espagne pendant ce tournoi. On ne parle pas seulement du potentiel de Pau Cubarsí. Sa candidature s’appuie sur ce qu’il a déjà accompli. Si le trophée distingue le meilleur footballeur de la saison, pas seulement le meilleur buteur, il a sa place dans le débat.





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