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Sylvinho : le contrôle « positif » du Barça de Guardiola

Sylvinho raconte le Barça de Guardiola, ses consignes claires et son contrôle sans discipline militaire. Il revient sur l’exigence collective, Messi en faux neuf au Bernabéu en mai 2009 et la récupération rapide du ballon.

Sylvinho sous le maillot du Barça, où il a joué sous les ordres de Pep Guardiola. Equipe A
© Ryan Pierse/Getty Images

Le Barça de Guardiola dominait avec des consignes claires et un contrôle « positif », raconte son ancien latéral Sylvinho.

Arrivé du Celta au FC Barcelone en 2004, le Brésilien a joué cinq saisons sous le maillot blaugrana. Au total, il a passé huit ans en Liga. De cette période, il retient le talent de ses partenaires, mais aussi leur exigence quotidienne.

Son récit distingue deux étapes. D’abord, une culture du travail déjà bien installée. Puis l’arrivée de Pep Guardiola, qui a donné une nouvelle dimension à l’équipe avec son staff.

Du talent, mais surtout du travail

Pour Sylvinho, les grands noms ne suffisaient pas à expliquer les succès du Barça. Tout le groupe partageait le même objectif. « Du haut en bas, le message était très clair : vous êtes ici parce que nous voulons accomplir quelque chose d’important et gagner des titres. »

Derrière Ronaldinho, Xavi, Eto’o, Deco ou Puyol, il y avait une philosophie commune. Le Brésilien la résume sans détour : « Courir. Travailler 90 minutes à chaque match et à chaque entraînement. » On retient le talent, mais les trophées passaient aussi par le sérieux et le professionnalisme.

Dans ce collectif, Ronaldinho l’a particulièrement marqué. « Ce qui était incroyable, c’était la facilité avec laquelle il faisait tout. C’était du talent pur. » Sylvinho garde surtout le souvenir de ces petits détails capables de changer une action.

Un ballon transmis une seconde plus tôt pouvait suffire. Le Brésilien avait alors le temps de se retourner et de déséquilibrer son adversaire. De quoi créer quelque chose de spectaculaire. Pour son ancien partenaire, ces instants faisaient partie des beautés du football.

Un cadre clair pour franchir un cap

Sylvinho, ancien joueur du Barça
Sylvinho explique ce qui a fait la grandeur de Pep Guardiola. — © Ryan Pierse/Getty Images

L’arrivée de Guardiola a convaincu Sylvinho que cette équipe pouvait aller encore plus loin. Ce qui l’a frappé ne tenait pas seulement à l’entraîneur. C’était aussi la clarté du travail de tout le staff.

Le cadre était précis, sans tomber dans une discipline militaire. « Il y avait du contrôle, mais c’était un contrôle positif, pas un contrôle militaire », explique l’ancien défenseur. Chacun savait ce qui était attendu.

Sylvinho résume ainsi le discours du technicien : « Voilà ce que nous voulons, voilà l’entraînement que nous voulons et voilà ce que nous devons faire. » On comprend la force de ce cadre : tout l’encadrement portait la même idée, clairement définie.

Les résultats ont vite suivi. « Nous gagnions presque tous les matchs. Le Barça était déjà une très bonne équipe, mais il est devenu encore meilleur. » Pour les adversaires, affronter les Blaugrana était désormais « un cauchemar ».

Le déplacement au Santiago Bernabéu, en mai 2009, reste l’un des moments les plus révélateurs. Guardiola y a utilisé Lionel Messi en faux neuf. Cette idée avait été préparée avant de prendre forme sur le terrain.

Sylvinho précise que ce rôle avait été travaillé à l’entraînement deux ou trois jours avant le match. Le voir fonctionner au Bernabéu a renforcé sa conviction : « C’est une formule qui peut marcher. »

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Le ballon, sans oublier l’effort

Guardiola savait aussi transmettre une idée que ses joueurs pouvaient appliquer au plus haut niveau.

Sylvinho, ancien joueur du Barça
Sylvinho a joué aux côtés de la génération dorée du Barça. — © Michael Steele/Getty Images

Sylvinho insiste sur cette assurance : « Une grande partie dépendait de la personne aux commandes, de sa façon de communiquer l’idée et de lui donner vie sur le terrain. Pep en était tellement convaincu. »

Le talent du groupe faisait ensuite monter le niveau. Pour l’illustrer, il évoque une idée notée huit sur dix que les joueurs pouvaient transformer en dix. Au Bernabéu, tout s’était emboîté : « Tout a fonctionné à la perfection. »

La possession était centrale, mais elle ne résumait pas ce football. Dès la perte du ballon, l’équipe devait être prête à le récupérer rapidement. Contrôler le jeu exigeait aussi cette réaction collective.

L’objectif était de retrouver la possession et de remettre de l’énergie dans le match. Puis de transmettre cette énergie aux supporters. Dans le récit de Sylvinho, on retrouve ce lien entre maîtrise technique et intensité. Deux exigences qui allaient ensemble pour Guardiola et son staff.

Il se souvient d’un match où, à son poste de latéral, il estime ne pas avoir défendu pendant cinq minutes. Les attaques s’enchaînaient : « Du contrôle, du contrôle, du contrôle, puis on repartait vers l’avant. »

Cette période a scellé son jugement sur l’entraîneur : « Après cela, Pep est devenu l’un des meilleurs de tous les temps. Il est tout en haut. »

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