De Luís Figo à Lamine Yamal, l’histoire de Xavi au Barça passe par l’influence de Ronaldinho et Johan Cruyff, les exploits de Lionel Messi et une expérience éprouvante sur le banc.
Figo, Ronaldinho et l’héritage Cruyff
Le départ de Luís Figo au Real Madrid en 2000 compte parmi les premiers souvenirs marquants de Xavi Hernández. Le Portugais était alors le capitaine et le leader du vestiaire. Son transfert a provoqué « un choc total », comparable à ce que représenteraient aujourd’hui des signatures de Lionel Messi ou Lamine Yamal à Madrid. Selon Xavi, le club a ensuite traversé trois à quatre années sans remporter de trophée.

L’arrivée de Ronaldinho a bouleversé l’atmosphère. Aux yeux de Xavi, le Brésilien a transformé la mentalité du Barça à un niveau comparable à Johan Cruyff. Sa présence imposait une nouvelle exigence : avec le meilleur joueur du monde dans ses rangs, l’équipe devait gagner. Ronaldinho a surtout rendu le sourire et l’enthousiasme au club. Son déclin s’expliquerait moins par les fêtes que par son état d’esprit après avoir tout gagné.
L’empreinte de Cruyff est encore plus profonde. Xavi met en avant l’ordre, le positionnement, la possession et le courage d’attaquer grâce aux triangles. Ce modèle convenait parfaitement à ses qualités. Peu rapide et peu puissant, l’ancien milieu reconnaît que cette conception du jeu lui a permis de trouver sa place au plus haut niveau.
Messi, Iniesta et les sommets du Barça
Avec Lionel Messi, le Barça disposait d’un recours permanent. Xavi compare son ancien partenaire à Michael Jordan. Même après vingt minutes difficiles, l’Argentin pouvait créer une occasion ou marquer sur coup franc. À cette faculté de décider des rencontres s’ajoutaient une éthique de travail et une mentalité compétitive hors norme.
Les éloges sont tout aussi appuyés pour Andrés Iniesta et Sergio Busquets. Le premier reste, à ses yeux, le plus grand talent espagnol qu’il ait observé. Capable de jouer partout, Iniesta se servait des deux pieds et éliminait ses adversaires avec facilité. Busquets serait, lui, le meilleur numéro 6 de l’histoire, notamment grâce à sa faculté d’anticiper chaque solution avant même de recevoir le ballon.

Cette supériorité technique a atteint son apogée lors de la finale de la Ligue des champions 2011 contre Manchester United. Xavi la classe parmi les plus belles rencontres de sa carrière. La possession, le modèle de jeu et la domination tactique avaient alors fait la différence. Après le match, les compliments de Sir Alex Ferguson et Rio Ferdinand ont beaucoup compté pour les Blaugrana.
Neymar s’est lui aussi approché du niveau de Messi pendant son passage au Camp Nou. Au sommet de sa forme, le Brésilien pouvait tout faire avec le ballon. Son association avec Messi et Luis Suárez a donné naissance à une attaque que Xavi jugeait impossible à arrêter. Comme Samuel Eto’o, Suárez figure d’ailleurs parmi les meilleurs numéros 9 avec lesquels il a joué. Guerrier sur le terrain, l’Uruguayen se montrait très humble en dehors.

Xavi prend également la défense de Zlatan Ibrahimović. Brillant et drôle, le Suédois était apprécié dans le vestiaire. Ses difficultés ne venaient pas du groupe, mais d’un désaccord tactique avec Pep Guardiola. Cette situation l’avait conduit à passer ses trois derniers mois sur le banc, sans rien enlever à son immense talent.
Lamine Yamal et le bilan de Xavi au Barça
Le regard de Xavi sur Lamine Yamal ne laisse aucune place au doute. Il l’a observé dès l’âge de 15 ans et avait déjà été frappé par la justesse de ses décisions. Savoir quand passer, dribbler ou centrer à cet âge serait réservé aux génies. L’ancien entraîneur estime que l’ailier possède toutes les qualités pour devenir le joueur majeur de sa génération, dans le sillage de Messi.
Comparer l’Espagne championne du monde en 2010 à la génération victorieuse en 2026 lui paraît toutefois délicat. La première possédait une richesse technique exceptionnelle au milieu avec Iniesta, Silva, Fàbregas et Alonso. L’équipe actuelle maîtrise davantage les différentes phases, les transitions et les contre-attaques, notamment avec Yamal.

Son passage sur le banc barcelonais reste une expérience très personnelle. Entraîner un club aussi profondément lié à sa vie l’a submergé sur le plan émotionnel, au point que chaque mauvais résultat le faisait souffrir. Xavi demeure néanmoins fier du travail accompli pendant l’une des périodes économiques et sportives les plus difficiles du club, avec une Liga et une Supercoupe remportées.
Après son départ du Barça en 2024 et une pause loin des bancs, Xavi a ouvert un nouveau chapitre. Nommé sélectionneur des Pays-Bas en août, il s’est engagé jusqu’à la Coupe du monde 2030 et a déjà dévoilé son premier groupe pour la Ligue des nations. Cette destination prolonge son lien ancien avec le football néerlandais, entre les idées de Cruyff et l’influence de Louis van Gaal, puis de Frank Rijkaard, sur sa carrière.
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